La JV PSA-Dongfeng supprime la moitié de ses effectifs en Chine

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PSA Peugeot Citroën et son partenaire chinois Dongfeng ont décidé de supprimer plusieurs milliers de postes en Chine et de se défaire de deux des quatre sites d’assemblage qu’ils détiennent en commun dans le pays, montre un document que Reuters a pu consulter.

Ces décisions constituent la dernière tentative en date du groupe français de sortir du rouge en Chine, le premier marché automobile mondial, où il traverse depuis des années une crise profonde avec pour conséquence une accumulation de pertes financières.

La coentreprise Dongfeng Peugeot Citroën Automobiles (DPCA), basée dans le centre de la Chine à Wuhan, va diviser par deux le nombre de ses salariés pour le ramener à environ 4.000 via la fermeture d’un de ses quatre sites et la vente d’un autre.

Selon le document, ces décisions sont le fruit d’un accord conclu le mois dernier entre Carlos Tavares, président du directoire de PSA, et Zhu Yanfeng, président de Dongfeng.

Les deux constructeurs ont refusé de commenter dans le détail les projets de restructuration de leur coentreprise.

“Nous travaillons de concert avec tous nos partenaires pour améliorer les performances d’ensemble de nos activités en Chine (…)”, a dit un porte-parole de PSA.

Si l’accord ne donne pas satisfaction, deux sources proches du constructeur français ont déclaré que cela pourrait inciter Carlos Tavares à mettre un terme au partenariat, vieux de 27 ans, avec Dongfeng, qui détient 12,2% de PSA. Voire de cesser toute activité en Chine.

“Nous sommes à deux doigts de devoir nous retirer du marché chinois. La situation est aussi grave que cela”, a dit une des sources.

PSA essaie d’améliorer ses performances en Chine dans des circonstances qui ne sont guère favorables pour l’ensemble des constructeurs. Après avoir été pendant des années la vache à lait du secteur avec des taux de croissance à deux chiffres, le marché automobile chinois s’est contracté en 2018 pour la première fois depuis les années 1990.

Et, sous le coup notamment des tensions commerciales sino-américaines, il devrait encore reculer de 5% cette année.

Mais avant même ce retournement, bon nombre de constructeurs occidentaux avaient commencé à éprouver des difficultés en Chine, en raison notamment d’une tendance des consommateurs du pays à privilégier des fabricants locaux.

Les problèmes de PSA en Chine remontent plus loin encore: cela fait quatre ans que les ventes du groupe s’effondrent sur le marché chinois et le groupe a déprécié de 400 millions d’euros sa participation dans DPCA, ramenant sa valorisation à 500 millions.

En 2018, les ventes chinois de PSA sont tombées à 251.700 contre un pic à 731.000 en 2014.

“Nous n’abandonnons pas la partie. Nous poursuivons la mise en oeuvre de notre plan d’action visant à faire baisser les coûts fixes”, a dit le porte-parole de PSA.