Le DG de Nissan souffle le froid sur les relations avec Renault

100

Nissan pourrait être contraint de revoir sa structure capitalistique, a déclaré mardi son directeur général Hiroto Saikawa, soulignant que l’alliance entre le constructeur japonais et Renault était basée sur une relation gagnant-gagnant qui pourrait vite se briser si cela venait à changer.

Cette déclaration, effectuée à Yokohama lors de la première assemblée annuelle des actionnaires de Nissan depuis le scandale Carlos Ghosn, suggère qu’un apaisement des tensions entre les deux partenaires n’est pas à l’ordre du jour.

Elle intervient quelques jours à peine après que les deux constructeurs automobiles ont mis fin à leur querelle publique autour de la représentation de la marque au losange dans les puissants comités du conseil d’administration de Nissan.

Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, a nié s’être opposé au projet de réformes de gouvernance de Nissan et a dit avoir fait tout son possible pour adoucir les relations entre les deux groupes. “Je vais travailler pour Nissan”, a-t-il déclaré lors de l’assemblée, indiquant qu’il gardait à l’esprit les intérêts de l’alliance pour chacune de ses décisions.

Hiroto Saikawa a déclaré que Nissan allait remettre à plus tard les discussions avec Renault autour du renforcement de leur alliance afin de se focaliser sur son redressement après le scandale Carlos Ghosn.

L’arrestation en novembre dernier au Japon de l’architecte de l’alliance Renault-Nissan pour des accusations de malversations financières a accentué les tensions entre les deux groupes.

“Nous voulons une relation gagnant-gagnant avec Renault”, a dit Saikawa. “L’alliance a été prospère jusqu’ici parce que nous avons respecté notre indépendance respective.”

“Si nécessaire, nous explorerons diverses possibilités pour notre structure capitalistique”, a-t-il poursuivi. “Si la relation bascule dans un gagnant-perdant, elle rompra très rapidement.”

Le directeur général de Nissan a souligné devant les actionnaires que la priorité du groupe était de “retrouver ses performances, ce qui signifie repousser les discussions autour du futur de l’alliance”.

Il est “primordial” de pouvoir discuter avec Renault d’”options” pour l’alliance, a-t-il ajouté, précisant vouloir s’entretenir de cette question avec Senard.

Les actionneurs de Nissan devaient se prononcer sur une nouvelle structure de gouvernance, la composition du conseil d’administration et le maintien ou non de Saikawa à la direction de Nissan.